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Olivier dans le nouveau monde

Journal peu intime d'un Français infime

Olivier

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Impressions et réflexions d'un "froggy" pour un an aux Etats-Unis
May 04

Un monde plus si nouveau que ça...

J’entend déjà quelques commentaires cinglants surgir à l’improviste,  raisonnant comme « ohlala mais il a craqué son slip, il nous pète une durite ou il nous fait une dépression » ? Mais bon, de toute façon, c’est mon blog, donc je fais ce que je veux. Na (de toute façon personne ne le lit). De plus, je pense que la peine qu’on éprouve sur le pas de la porte d’une maison qui vous aura accueillie pendant une année vaut la peine (c’est le cas de le dire) d’être décrite.

 

Il y’aura d’abord, pardonnez l’inventaire matérialiste à la Beigbeder, tout un tas d’objets les plus divers qui me manqueront, comme : les frites de chez Five Guys, les T-shirts Urban Outfitters, les French Press, les Hamburgers de chez Johnny Rocket, les billards de la CavRoom, la bière (mauvaise) de fraternité dans les fameux gobelets en plastique rouge (ou bleu), les pharmacies-épicerie-débits-d’-alcool-salon-de-beauté-achetez-ce-que-vous-voulez-vous-êtes-faits-pour-consommer CVS, les polaires The North Face qui j’en suis sûr auraient plû à Dany, le peanut butter (toutes marques confondues), le creamcheese Philadelphia, les bagles de chez Bodo’s, les pizzas de chez Christian’s, les smoothies Naked, la Oldsmobile de Melaine, les magasins sans horaires Kroger, les 4x4 de six mètres qui font peur, les grilled cheese de chez West Range…

 

Il y’aura aussi les habitudes et sensations qui cesseront de faire partie de mon quotidien, tels que : rester figer à regarder jouer les écureuils ; se faufiler dans le campus comme un sherpa ; s’allonger sur l’herbe de l’IRC et regarder les étoiles de Virginie, car comme chacun le sait, les étoiles sont différentes partout où l’on va car l’atmosphère et la compagnie n’y sont jamais les mêmes ; humer l’odeur de pluie, assez rare pour être mentionnée, un jour d’été indien ; entendre les criquets s’en donner à cœur joie lorsque le Soleil revient ; peindre mentalement les robes des « dogwoods » ; se promener son thermos de café dans la main comme un vrai Américain ; écouter les mocking birds produire des sons bizarres faisant penser à ceux d’un radio réveil ; s’inviter dans des soirées où on ne l’est pas sans que ça ne pose aucun problème ; participer à des flashmobs boiteux ; critiquer juste pour le plaisir le goût vestimentaire des étudiants Américains ; s’offusquer devant les opinions droitistes sur Cavalier Daily ; regarder la foule des gens affublés de bleu et d’orange s’acheminer vers le stade un jour de match ; entendre mon voisin de la Navy gueuler sur son jeu de guerre sur fond de musique classique ; convertir un prix en euros et se dire « c’est pas cher en fait » ; observer un lobotomisé de fraternité se faire intégré en payant les gens pour l’embrasser, juste à côté d’une fille distribuant des tracts pour une fête organisée par une association aidant les victimes de viols, dont la grande majorité ont justement lieu dans les-dites fraternités ; ajouter sur facebook des gens à qui l’on a juste dit bonjour ; avaler l’asphalte pour tenter de rassasier son appétit de nouveaux horizons…

 

Enfin, outre les Français que j’aurai sans doute l’occasion de revoir, il y’aura toutes ces personnes qui ont croisé mon chemin, ont pris leurs aises dans ma vie pour bientôt n’y laisser qu’un espace vide : Norhan, que les dissenssions de groupes aura éloignée mais qui restera l’une des femmes les plus intéressantes avec qui il m’a été donné de passer du temps ; Michelle, dont la bonté et la force de caractère n’auront jamais cessé de m’étonner ; Armanda, notre mère protectrice indestructible qui s’est envolée pour le pays de Mordor ; Bryce, qui aura à nos côtés découvert et assumé des rapports avec les hommes que la société dénonce comme un crime contre une soi-disante nature humaine ; Selin, qui aura sû rendre Thibaud heureux malgré une mère tyrannique leur barrant cent fois le chemin ; Paul, qui aura connu la difficulté de débarquer en milieu d’année sans connaître personne en plus de celle de perdre sa mère en une triste fin de semestre ; et enfin Lise…qui j’espère détruira mes prénotions quant aux relations longue distance, et qui restera la plus belle surprise que ce pays m’ait réservée, une de celles qui vous marque pour le restant de votre vie, vous donnant l’impression qu’il vous manquera toujours une part de vous-même, perdue entre les lignes de vos carnets de voyage, ou peut-être le long d’une route quelconque, entre ici et ailleurs.

 

Comme l’écrivait Kerouac: “Somewhere along the line I knew there’d be girls, visions, everything; somewhere along the line the pearl would be handed to me.” 

But what if the lines stops here?

 

April 22

Experience Deep America

C’est en Virginie que mes parents ont décidé de déposer leurs valises, pour me rendre visite mais aussi afin de découvrir une autre Amérique, celle qui échappe aux feux des projecteurs habituellement braqués sur les mégalopoles. Après quelques jours passés à Chicago donc, Pop and Mum ont continué leurs périgrinations en Virginie et dans le Maryland, m’embarquant avec eux deux week-ends consécutifs.

C’est il y’a 10 jours que je les ai retrouvés sur Charlottesville, afin de leur faire découvrir l’endroit dans lequel j’ai maintenant vécu depuis 8 mois. Le vendredi, après une visite sommaire de Charlottesville, qui se limite essentiellement à son centre-ville (pour ne pas dire sa rue) historique, je leur ai servi de guide dans UVa, leur faisant découvrir les incontournables comme le Lawn, les bibliothèques labyrinthiques et surtout cette atmosphère si particulière aux campus Américains. Pop s’est pas mal inquiété des marques visibles un peu partout sur les murs et sur le sol au travers du campus, qui sont en fait les signes distinctifs des quelques sociétés secrètes existantes (essentiellement « Z », « 7 » et « IMP »). Ironiquement, nous avons croisé le soir même une douzaine de personnes encapuchonées marchant près du Corner. Sans le réaliser à l’instant même, nous venions d’apercevoir quelques membres des-dites sociétés secrètes, chose extrêmement rare sur le campus. Le lendemain nous sommes partis sur Fredericksburg, visiter la maison de naissance de George Washington et écumer quelques brocanteurs, nombreux dans ce coin chargé d’histoire. Le dimanche nous avons découvert Richmond, capitale de la Virginie. Etonnement, la ville possède un musée d’art qui semble disproportionnellement fourni pour une ville de cette taille. Une balade dans le quartier de Cary Town aura achevé de mettre à bas mes préjugés.

Le week-end suivant nous nous sommes retrouvés un peu plus tôt, le jeudi soir, pour partir directement coucher à Waynesboro, à une vingtaine de miles de Charlottesville. De là, nous avons conduit le lendemain jusqu’à Staunton. Une fois encore, nos déambulations le long rues désertes que la lumière diaphane rendait néanmoins paradisiaques nous ont amené à observer l’architecture marquée d’histoire ainsi qu’à se glisser chez de nouveaux brocanteurs. L’après-midi, nous nous sommes rendus à Luray afin de nous risquer dans ses cavernes. Je dois avouer que je prenais au sérieux le risque d’ une attraction purement touristique sans attrait particulier. La viste fut, pourtant, intéressante mais surtout délectable pour les yeux. Le soir enfin, nous avons roulé le long de la « skyline », une route tracée de long des Shenandoah, afin de goûter l’instant face au soleil couchant ainsi que de surprendre quelques animaux à la tombée nuit. Le samedi matin, nous nous sommes rendus de nouveau à Charlottesville pour nous hisser sur les hauteurs de Monticello, la maison de Jefferson, signataire de la déclaration d’indépendance, fondateur de UVa et accessoirement troisième Président des USA. Bill, le beau-père de Lise qui est architecte, nous a offert une petite visite guidée personalisée. Enfin, après un déjeuner en compagnie de Bill et de la mère de Lise, Suzanne, Pop and Mum sont repartis vers d’autres horizons, retrouver leur tendre Normandie.

April 14

French folklore in Norfolk

A petit week-end pépère, petit article pépère, comme on dit dans le bouchonois. Le poste sera donc relativement cours, une petite pause aérienne comme on sait les apprécier en ces temps de retour imminent. Le week-end du 5 et 6 avril, toute la smala (Melaine, Romain, Aanya, Thibaud, Selin, Alix, Lise et moi) a débarqué à Norfolk, Va, chez les parents de Thibaud qui habitent là depuis deux ans. Le père de Thibaud est en effet colonel dans l'armée Française et bosse à Norfolk. Il faut en effet savoir que cette modeste ville de la côte Est abrite la base aéro-navale la plus importante du monde. Au programme donc : repas pléthoriques aux saveur de notre France natale concoctés par Maman Thibaud ; séances de karting pour récupérer des courbatures dans les bras ; visites avortées de l'USS Wisconsin pour cause de pluie ; ballade en voiture dans la base navale grâce à Papa Thibaud (pas de photos malheureusement, j'imagine mal ce que les militaires auraient dit à voir des petits étrangers prendre en photos leurs porte-avions de 400 mètres, leurs bateaux furtifs et hélicoptères énormes) avec petit bowling à la clef, toujours sur la base navales'il vous plaît ;et enfin petite visite de la ville coloniale de Williamsburg. Pas d'aventures épiques et un temps dégueulasse. Néanmoins la perception qu'entre le fromage et le vin rouge, c'est aussi toute une chaleure, à la fois familiale et Française, qui en vient à manquer.
April 09

Poème sur le pouce

J'ai retrouvé ça, écrit quelque part en Floride, dans le fond de mon ordinateur.  Faites-en ce que vous voulez.
 

Le chat de Miami

 

Le chat de Miami,

N’a plus que trois pattes qui le portent.

L’autre traîne derrière dans la rue,

Vers un passé disparu,

Que les hommes lui ont pris,

Au chat de Miami.

 

Le chat de Miami,

S’assoit auprès des tables,

Tassées sur Ocean Drive,

Dresse l’oreille pour écouter,

Le souffle des futilités,

Le tchat de Miami.

 

Et le chat mâche

Les poussières de rien,

Les miettes de Miami,

De ces nouveaux Dyonisos,

Mi-ami, mi-ennemi,

Du chat de Miami.

April 08

Interdit aux moins de 18 ans

Il est des choses comme ça qui vous accrochent l’œil sans que vous ne sachiez trop pourquoi, s’installent à l’arrière de votre crâne et continuent de faire monter sans cesse l’agacement et le dégoût frisant l’envie de vomir. Il m’arrive rarement d’aller faire un tour chez Libé, mais toujours est-il que je suis tombé il y’a quelques jours sur cet article :

http://www.liberation.fr/vous/318876.FR.php

Pour ceux, et il y’en a toujours, qui ont la flemme de le lire, il s’agit d’un nouvelle invention, destinée à éloigner les jeunes délinquants des belles vitrines polies de toute boutique. Simple boitié, le dispositif accroché au mur s’en donne à cœur joie en émettant un ultra-son que seuls les moins de 18 ans sont capables d’entendre. Notre capacité à entendre les sons à haute fréquence diminue en effet au cours du temps. Le son ainsi émis devient très vite insupportable, obligeant les gangs – mais aussi tout enfant – à passer leur chemin. Si vous voulez vous rendre compte par vous-même de ce que ça donne :

http://www.trianglerouge.be/mosquito/ressources.php

Voici donc comment certains ont décidé d’améliorer la qualité de communication avec la jeunesse. C’est vrai, considérez un peu le formidable potentiel d’une telle invention. Pourquoi ne pas créer des armes à la destination de la police pour disperser les jeunes ennemis de l’ordre ordinaire lors d’une émeute ? Et pourquoi pas non plus installer ces dispositifs dans les rues des ghettos, pardon, quartier sensibles, et les mettre en route passée une certaine heure ? Ainsi les jeunes racailles, pardon, hommes, seraient contraints de rester au sein du foyer familial, sur qui repose toute la responsabilité, bien entendu. Comme disait La Tordue « bravo les savants, quelle imagination ».

 

PS: dans le même esprit:

http://www.youtube.com/watch?v=eGo0UWNe2nU

 

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